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L’opération militaire entamée le 4 novembre par le Premier ministre Abiy Ahmed contre le Front de libération des Peuples du Tigré (TPLF) se poursuit au Tigré. Le TPLF, qui dirige la région, a défié à plusieurs reprises l’autorité du gouvernement fédéral ces derniers mois et dénonce une marginalisation politique depuis l’arrivée au pouvoir d’Abiy Ahmed en 2018. Quant à elles, les autorités fédérales ont notamment fustigé l’organisation en septembre d’élections régionales au Tigré, considérées par Addis Abeba comme illégitimes. Selon le Premier ministre Abiy Ahmed, les tensions ont culminé par l’attaque le 3 novembre de 2 bases de la Force de défense nationale éthiopienne (ENDF) au Tigré, ce que le TPLF dément (SSF 04/11/2020).

Ce 11 novembre, l’armée éthiopienne a indiqué avoir procédé à des bombardements contre des dépôts de carburants et des caches d’armes du TPLF à travers le Tigré. Les forces armées éthiopiennes auraient également repris le contrôle de la ville d’Humera à l’ouest de la région, indiquant qu’Addis Abeba cherche à sécuriser la frontière avec le Soudan.

A Mekele, la capitale du Tigré, les administrations publiques et les banques ont cessé de fonctionner. Les marchés restent ouverts et les résidents locaux font des stocks de nourriture en anticipation de la poursuite des combats. Des bombardements ainsi que des tirs de batteries antiaériennes ont également été rapportées dans la zone.

Un blackout des communications à l’initiative des autorités fédérales est à l’œuvre au Tigré, aucun bilan humain n’a été communiqué. Selon les autorités soudanaises, au moins 11 000 Ethiopiens ont fui les combats en direction du Soudan depuis le 9 novembre (Etats de Gedaref et Kessala).

Le 10 novembre, le Premier ministre Abiy Ahmed a précisé que l’offensive armée sera « terminée sous peu » tandis que l’Union africaine (UA) a réclamé la fin des hostilités. Les autorités fédérales éthiopiennes tentent d’empêcher le conflit de déborder hors du Tigré alors que l’implication croissante des milices Amharas dans le conflit pourrait raviver les tensions interethniques et remettre sur la table les différends territoriaux historiques entre Amharas et Tigréens.

En outre, la police éthiopienne a indiqué le 11 novembre que 17 officiers de l’armée éthiopienne ont été arrêtés et accusés de « trahison » au profit des forces du Tigré. De source locale, il pourrait s’agir de membres tigréens de l’armée ayant reçu du TPLF pour mission de saboter l’armée de l’intérieur.

Des manifestations de soutien à l’opération militaire en cours sont à anticiper au cours des prochains jours dans les centres urbains des régions Oromo et Amhara. A ce titre, la municipalité d’Addis Abeba a appelé à 3 jours de « manifestations pacifiques » à compter du 12 novembre en soutien à l’armée éthiopienne. Des mobilisations similaires sont à attendre à  Bahir Dar ou encore Debre Birhan (Amhara).

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