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Une résurgence du virus Ebola constatée ces derniers jours en Guinée, mais aussi en RDC pour une nième réapparition, conduit SSF à diffuser le présent bulletin d’alerte, assorti d’une FAQ jointe en annexe. En liminaire, il semble utile de rappeler l’extrême dangerosité de ce virus susceptible d’entrainer, dans 50 à 90 % des cas, le décès des personnes contaminées.

Le virus Ebola, de nouveau formellement identifié en Guinée

8 cas suspects, dont 5 cas mortels de fièvre hémorragique Ebola ont été signalés le 13 février 2021 par les autorités guinéennes sur leur sol (région de Nzérékoré et de Gouécké, en Guinée forestière). Huit ans après l’épidémie partie du même endroit qui avait fait plus de 11 000 morts entre 2013 et 2016 (dont 2500 pour la seule Guinée), le virus apparu pour la première fois en RDC en 1976, opère donc un retour en Afrique de l’Ouest. En RDC, trois mois après la fin de la onzième flambée épidémique, une femme atteinte du virus est décédée le 3 février dernier dans le Nord-Kivu. Ces deux pays sont aujourd’hui un peu mieux armés pour combattre la maladie, tandis que l’OMS a été immédiatement mobilisée.

Symptômes 

Si les premiers signes de la maladie peuvent faire penser à une grippe (fièvre importante, fatigue intense, douleurs musculaires, maux de tête), ils sont généralement rapidement suivis de diarrhées, éruptions cutanées, saignements ou encore de vomissements.

Prévention 

Un vaccin existe désormais, mais pas encore de traitement curatif. Seule un prise en charge précoce peut réduire le risque de mortalité. La directrice Afrique de l’OMS a annoncé la livraison de 11 000 doses de vaccin en Guinée dès le 21 février. En RDC, la vaccination a débuté le 15 février dans le Nord-Kivu.

Par ailleurs, il convient d’éviter de se rendre dans les régions contaminées. La transmission humaine s’opérant par les fluides et liquides corporels  (salive, sueur, déjections, urines, fluides sexuels) il est impératif :

  • de se laver les mains régulièrement à l’eau et au savon;
  • d’éviter absolument tout contact avec des personnes infectées (qui doivent être mises en quarantaine);
  • de ne pas porter la main à la bouche ou aux yeux, portes d’entrée majeures du virus ;
  • de porter une attention particulière aux rites funéraires qui semblent avoir favorisé la présente réapparition du virus en Guinée, puisque les personnes décédées en sont encore porteuses et peuvent être contagieuses;
  • de prendre en compte le fait que les malades guéris peuvent rester contagieux pendant 7 semaines; ils doivent en particulier éviter les relations sexuelles pendant ce temps ou utiliser un préservatif;
  • de bien cuire la viande de façon prolongée à une température supérieure à 70 degrés.

Qu’est-ce que la maladie à virus Ebola ?

La maladie à virus Ebola est une maladie grave, souvent mortelle, dont le taux de létalité peut atteindre 90%. Elle touche l’homme et les primates (singes, gorilles et chimpanzés).

Elle est apparue pour la première fois en 1976, lors de deux épidémies simultanées, l’une dans un village près de la rivière Ebola en République démocratique du Congo et l’autre dans une zone isolée du Soudan.

On ignore l’origine du virus Ebola mais, sur la base des données disponibles, on considère que les chauves-souris frugivores en sont les hôtes probables et pourraient contaminer les grands singes.

Comment l’être humain est-il infecté par le virus ?

Le virus se transmet à l’homme à partir des animaux sauvages et se propage ensuite dans les populations par transmission interhumaine.

Les premiers cas humains surviennent chez des individus ayant consommé ou manipulé de la viande de brousse contaminée (contact étroit avec du sang, des sécrétions, des organes ou des liquides biologiques d’animaux infectés).

Dans un second temps, le virus se propage entre humains. Cette transmission interhumaine intervient à la suite de contacts directs (peau lésée ou muqueuses) avec du sang, des sécrétions, des organes ou des liquides biologiques de personnes infectées, ou de contacts indirects par l’intermédiaire d’environnements contaminés par ce type de liquides. C’est aussi le cas si la peau lésée ou les muqueuses d’un sujet sain entrent en contact avec des objets contaminés par les liquides infectieux d’un malade, comme des vêtements et du linge de lit souillés, ou des aiguilles usagées.

De nombreux agents de santé ont été contaminés par le virus Ebola lors des soins dispensés à des sujets infectés. Cela se produit s’ils ne portent pas un équipement de protection individuel ou n’appliquent pas convenablement les mesures de lutte  contre  l’infection  pour soigner ces patients. Il arrive fréquemment que  la maladie se transmette également lors de funérailles et des rites d’inhumation. Les cérémonies au cours desquelles les parents et amis du défunt ont des contacts directs avec la dépouille ont parfois joué un rôle dans la transmission. L’OMS recommande que les dépouilles soient manipulées et inhumées par des professionnels formés à la prise en charge des cas, qui sont équipés pour le faire dans des conditions de sécurité.

Après guérison, les malades peuvent néanmoins continuer à transmettre le virus et notamment les hommes par le sperme à leur partenaire pendant une période allant jusqu’à 7 semaines.

Est-ce que le virus Ebola peut se transmettre par l’air ?

Non, le virus Ebola ne se transmet pas par voie aérienne, à l’inverse de la grippe par exemple.

Qui est le plus exposé au risque ?

Trois populations sont particulièrement vulnérables :

  • les agents de santé, en première ligne dans la prise en charge des malades ;
  • l’entourage proche des malades ;
  • les communautés ayant recours à des rites funéraires impliquant un contact direct avec le défunt.

L’application de mesures de protection dans les dispensaires et les hôpitaux, lors des rassemblements locaux ou à domicile permet de limiter l’exposition au virus.

Quels sont les signes et symptômes typiques de l’infection ?

L’apparition brutale de fièvre, une faiblesse intense, des douleurs musculaires, des  céphalées et l’irritation de la gorge sont des signes et symptômes typiques. On observe ensuite des vomissements, une diarrhée, une éruption cutanée, des troubles de la fonction rénale et hépatique et, dans certains cas, des hémorragies internes et externes.

Les analyses de laboratoire mettent en évidence une baisse de la numération des leucocytes et des plaquettes, et une élévation des enzymes hépatiques.

La période d’incubation, c’est-à-dire le temps écoulé entre l’infection et l’apparition des symptômes, va de 2 à 21 jours. Le patient devient contagieux à partir du moment où des symptômes se manifestent

La maladie à virus Ebola ne peut être confirmée qu’au moyen d’analyses de laboratoire.

Quand faut-il consulter ?

Une personne qui s’est rendue dans une zone où l’on sait que la maladie à virus Ebola est présente ou qui a été en contact avec un cas avéré ou suspect et qui commence à avoir des symptômes doit consulter immédiatement.

Tous les cas pour lesquels il y a une suspicion doivent être signalés sans délai à l’unité de santé la plus proche. La précocité de la prise en charge médicale est essentielle pour améliorer les chances de survie. Il est également important d’empêcher la propagation de la maladie et l’on appliquera immédiatement des mesures de lutte contre l’infection.

Quel est le traitement ?

Il existe désormais un vaccin, mais pas encore de traitement spécifique de la maladie. Une prise en charge précoce (soins intensifs, réhydratation par voie intraveineuse) permet toutefois de réduire significativement la mortalité.

Le contrôle de l’épidémie passe en outre par un isolement des cas suspects ou confirmés des autres patients, une protection adaptée des agents de santé.

Que puis-je faire? Peut-on éviter cette maladie ?

Si les premiers cas de maladie à virus Ebola ont été contractés après la manipulation d’animaux ou de carcasses infectés, les cas secondaires surviennent par contact direct avec les liquides biologiques d’une personne malade, le plus souvent soit en raison d’une prise en charge médicale non sécurisée, soit en raison de pratiques funéraires à risque.

Les recommandations de prudence sont les suivantes :

  • sauf raison impérative, suspendre tout projet de voyage dans les régions où des cas de fièvre hémorragique à virus Ebola sont avérés ;
  • ne pas consommer ni manipuler de viande de brousse ;
  • se laver les mains fréquemment au savon ou avec les solutions de lavage des mains hydro-alcoolique ;
  • éviter les contacts directs avec les secrétions des malades ayant une forte fièvre, ou des troubles digestifs, ou des hémorragies extériorisées par la bouche, le nez, ou les selles ;
  • éviter les rites funéraires impliquant tout contact avec le défunt.

Quelles démarches entreprendre si une personne présente des symptômes susceptibles d’être rapprochés de ceux du virus Ebola ?

  • L’isoler
  • Consulter un médecin, de préférence le médecin conseil de l’ambassade de France ou du consulat général le plus proche, ou encore le médecin d’une grande entreprise, française ou occidentale, à défaut un médecin local. Si nécessaire, la liste de notoriété médicale d’une représentation diplomatique ou consulaire étrangère peut également être consultée.
  • Contacter l’ambassade de France ou le consulat général de France compétent et l’avertir de la

On peut aussi prévenir sans tarder le Centre de crise du ministère des Affaires étrangères et du Développement international, soit par mail à l’adresse alertes.cdc@diplomatie.gouv.fr soit par téléphone au +33 1 43 17 53 53 ou au 01 53 59 11 10 en cas d’urgence (permanence 24/24, 7/7).

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