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Le « oui » l’a emporté avec 66,8% des voix lors du référendum constitutionnel qui s’est déroulé le 1er novembre en Algérie (SSF 31/10/2020). Cette révision constitutionnelle était le projet phare du président Abdelmadjid Tebboune, qui estimait « tendre la main au mouvement de contestation du Hirak ». Le vote s’est toutefois déroulé en l’absence de l’initiateur du projet, actuellement hospitalisé en Allemagne après avoir été contaminé par le nouveau coronavirus (Covid-19).

Le scrutin a toutefois été marqué par une forte abstention. L’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a annoncé le 2 novembre que le taux de participation final s’était établi à seulement 23,7%. 

Pour le pouvoir, ce référendum était un moyen de répondre aux revendications du mouvement de contestation du « Hirak ».

Le « Hirak », qui incarne l’opposition depuis février 2019, avait appelé au boycott du vote. Cette abstention record semble être l’indicateur du maintien des revendications du Hirak.

Par ailleurs, dans plusieurs régions d’Algérie, le référendum a été émaillé d’incidents, notamment en Kabylie où la quasi-totalité des bureaux de vote n’ont pas pu ouvrir. 

D’après l’ANIE, dans la wilaya de Tizi Ouzou, seulement 4 sur une totalité de 67 bureaux de vote ont pu ouvrir. D’après la même source, « les conditions sécuritaires ne permettaient pas ces ouvertures ».

Dans la région de Bouira, des affrontements ont éclaté entre manifestants opposés au référendum et forces de l’ordre. Des tirs de gaz lacrymogènes ont été rapportés et plusieurs protestataires ont été interpellés. Les heurts ont notamment eu lieu dans les villes de Haizer et Bechloul.

Un important renforcement sécuritaire avait été effectué en Kabylie.

Cette abstention record est une victoire silencieuse pour le Hirak et un véritable camouflet pour le régime en place. Il semblerait que le pays fasse face à nouveau à une impasse politique, alors que la révision constitutionnelle était censée légitimer l’élection du président actuel. Ce boycott massif pourrait redonner du souffle au mouvement de contestation spontané contre le système.

Compte tenu de la situation et tandis qu’un climat de répression des militants du Hirak, des journalistes et des opposants politiques règne dans le pays depuis plusieurs mois, des manifestations à l’appel du Hirak ne sont pas à exclure au cours des prochains jours.

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